Devenir Maître d'Hôtel

Connaissez-vous la particularité du métier de Maître d’Hôtel à bord d’un navire ?
Maillon indispensable en charge de la coordination du personnel de service, le métier de Maître d’hôtel est quelque peu différent en mer. C’est ce que nous allons découvrir ensemble grâce à notre rencontre avec Sébastien Bastié, Maître d’hôtel à bord du navire Girolata de La Méridionale.


Sébastien, comment êtes-vous arrivé à exercer ce métier hôtelier à bord d’un navire ?

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Sébastien
: " J’ai un parcours assez atypique car j’ai débuté dans la restauration à la suite d’une reconversion professionnelle. Après mes études, j’ai commencé ma carrière au sein du service comptabilité de La Méridionale, mais je me suis vite aperçu que cela ne me correspondait pas. J’ai donc suivi des cours du soir et j’ai passé tous mes diplômes (du CAP au BTS hôtellerie) en candidat libre. Je me suis d’abord essayé en service à terre afin de confirmer mon choix de vie, puis j’ai embarqué en tant que garçon de salle sur mon premier navire. C’était il y a 25 ans et ce fût une véritable révélation ! J’ai ensuite occupé tour à tour des postes de chefs de rang, garçon officier puis maître d'hôtel. Fonction que j’exerce sur le Girolata depuis presque dix ans. "

Quand on évoque le métier de Maître d’Hôtel, on l'associe à l’accueil des clients et à l’orchestration du service de restauration, est-ce bien le cas ?
Sébastien : " Oui en effet, je suis en charge de toute l’organisation du service hôtelier, ainsi que de la répartition des forces vives afin d’accueillir les clients à bord de la meilleure façon possible. Je suis à disposition des passagers lors de leurs embarquements et débarquements mais également lors des différents services de restauration et, bien entendu, en cas de problème relatif à leur hébergement. Je supervise à la fois les équipes d’entretien et de restauration. Je gère également la partie approvisionnement en vivres, produits d'entretiens et petite droguerie. "

Le métier doit être probablement très différent à bord d’un navire de celui que l’on peut exercer de manière plus classique dans un hôtel. Quelles sont les spécificités les plus flagrantes ?
Sébastien : " À la différence des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration traditionnels, nous ne rentrons pas chez nous une fois le service terminé. Cela demande une grande capacité d’adaptation à la vie en société et au travail en équipe. La cohabitation avec les autres employés, ainsi que la proximité avec les clients confèrent à nos métiers un caractère singulier. Avec trente jours non-stop en mer et vingt-cinq de congés, les problèmes familiaux doivent rester à terre. En plus de l’indispensable “pied marin”, il faut savoir faire face aux conditions météorologiques pas toujours favorables, en particulier lorsqu’il s’agit de rassurer les passagers. Les temps de service sont à la fois courts et intenses. Il faut être réactif et avoir un bon sens de l’anticipation et de l’organisation car, une fois le navire en mer, impossible de faire marche arrière ou de se faire ravitailler. "

Nous adorerions en savoir plus et pourquoi pas susciter de nouvelles vocations, pourriez-vous nous décrire une journée type à bord ?

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Sébastien
: " Ma journée commence par la remise en conformité des cabines et des lieux communs : en fonction du nombre de passagers accueillis, j’affecte les équipes sur les coursives, je supervise les sociétés d’entretien puis je vérifie leur travail. Petite particularité, nous n’avons pas de blanchisserie à bord, le linge sale est donc débarqué en même temps que le linge propre arrive. C’est parfois plus d’une quarantaine de chariots à aiguiller. Ensuite, je m’occupe des approvisionnements (produits cabines, vaisselles, droguerie, etc.) en collaboration avec l’intendant et le Chef cuisinier.
De 16h30 à 19h, j’assure l’embarquement des passagers en compagnie du Commissaire de bord. À la réception, nous gérons aussi bien la remise de clés que les demandes particulières comme mettre un médicament au frais, accompagner une personne à mobilité réduite ou bien encore indiquer la pouponnière pour le change d’enfants en bas âges.
À partir de 19h jusqu’à leurs fermetures vers 23h, je fais le tour des points de vente afin de procéder à des ajustements de personnel en fonction des besoins. Je suis également à la disposition des passagers afin de régler d’éventuels problèmes ou questions. À 6h du matin, je m’assure que le service du petit déjeuner se déroule bien puis je dirige les passagers pour leur débarquement. C’est un moment parfois un peu agité, certains ne retrouvent pas leur voiture par exemple, il faut alors être rassurant et les accompagner avec clarté. "

La sécurité est un sujet essentiel à bord d’un navire. Quel rôle jouez-vous dans cette mission en tant que Maître d’hôtel ?
Sébastien : " Une fois par semaine nous effectuons des exercices de sécurité sous la supervision du Commissaire de Bord. J’ai en charge une zone bien précise sur le bateau, et avec mes équipes nous faisons des simulations pour diriger les personnes vers le point d’évacuation. Nous suivons aussi régulièrement des formations relatives au brancardage, aux premiers secours, à la survie en mer et aux incendies. Au quotidien, je m’assure que les Équipements de Protection Individuels (E.P.I.) soient bien portés par nos employés et que les normes de sécurité soient respectées afin d’éviter les accidents. En tant que responsable sécurité, je m’assure de la qualité des produits d’entretien et de leurs stockages. Enfin, j’encadre également les nouveaux arrivants même s’il s’agit, la plupart du temps, de personnels déjà formés. "

La Méridionale a à coeur d’assurer également le bien-être des passagers, et a ainsi instauré un programme "Vivre et consommer à bord" visant à améliorer constamment les prestations d’hôtellerie et de restauration proposées. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?
Sébastien : " Il s’agit d’un programme qui s’inscrit dans la norme ISO. Dans ce cadre, nous nous assurons de la qualité du service délivré mais également de son amélioration continue. Pour être plus concret, nous avons par exemple créé un système de signalétique visuelle pour améliorer l’utilisation des climatisations en chambre. Cela se traduit par la pose d’autocollants afin de distinguer les deux manettes qui actionnent le plafonnier. Ces améliorations peuvent concerner tous les domaines relatifs à la vie à bord, à la restauration, l’hébergement, l’accueil, etc. Je suis en charge de faire remonter la satisfaction client mais également les propositions des équipes dans le cadre de ce programme. "

Merci Sébastien d’avoir pris le temps de nous faire entrer dans le quotidien de ce métier singulier, nous vous laissons reprendre la mer pour accueillir vos prochains passagers. "Bon vent" !