Devenir Maître d'équipage

Dans les coulisses d’un navire de La Méridionale : entrevue avec Stéphane Soavi, Maître d’équipage
à bord du Piana.

Nous sommes allés à la rencontre de Stéphane Soavi, Maître d’équipage à bord du Piana, l’un des trois navires
de La Méridionale, afin de lever le voile sur ce métier de marin et comprendre le rôle stratégique de ce poste à bord.
Aussi appelé Maître de manœuvre ou encore “bosco” dans la marine moderne, le Maître d’équipage assure le lien entre les hommes et le commandement. Ce poste, à haute responsabilité, demande des qualités d’organisation
et de management hors normes, comme vous allez le découvrir dans le portrait de Stéphane.


Vous avez un beau parcours au sein de La Méridionale, pouvez-vous nous parler de votre évolution de carrière ?

stéphane-soavi-maitre-équipage

 

 

 

 

 

 

 

 


Stéphane
: " J’ai rejoint La Méridionale (CMN à l’époque) en 1984, en tant que novice à l’âge de 15 ans.
Insulaire et fils d’une grande famille de pêcheurs, j’étais motivé par l’esprit du voyage. J’ai fait mes armes à bord de différents navires de la compagnie en tant que matelot léger puis matelot qualifié, second Maître sécurité, second Maître pointeur, Capitaine d’armes et enfin Maître d’équipage : fonction que j’exerce désormais depuis presque dix ans. "

En quoi consiste le poste de Maître d’équipage ?
Stéphane : " Conjointement chef d’équipe et assistant officier, je suis responsable de la mise en œuvre effective des ordres émanant du commandement en coordination avec le second Capitaine. Je dirige une dizaine de marins en charge des manœuvres et de l’entretien du navire. Petite particularité propre à La Méridionale : je supervise également l’embarquement des passagers et du fret en Corse, où il n’existe pas d’équipes dédiée à terre pour ces opérations.
À Bastia, j’assure donc la coordination entre le Maître d'hôtel du bord et l’agence passager.
Enfin, en tant que responsable de l’entretien du navire, je programme également des opérations de maintenance techniques et de contrôle des matériels et équipements de sécurité effectuées pendant les arrêts techniques. "

Pouvez-vous nous décrire une journée de travail type en tant que Maître d’équipage ?
Stéphane : " Mon équipe est sur le pont dès 5h du matin. Je suis personnellement responsable de la ‘manœuvre avant’. L’opération consiste à préparer le navire pour l’arrivée au port : nous dessaisissons les ancres afin d’assurer un mouillage d’urgence et préparons les amarres. Une fois le navire à quai, mon équipe s’assure de poser les rampes d’accès et ouvre la porte arrière. Pendant le débarquement des passagers, le fret est dessaisi afin de faciliter les opérations de déchargement effectuées par le personnel de terre. Mes matelots procèdent ensuite aux tâches quotidiennes d’entretien du navire : lessivage des ponts, dessalage, peinture extérieure d’entretien, etc.
Vers 14h, nous commençons les opérations de chargement du fret, et l’embarquement des passagers débute vers 16h30. Je veille alors à la bonne répartition des charges entre la cale, le pont et le garage, ainsi qu’à la sécurité du pont passagers qui peut accueillir jusqu’à 200 véhicules par traversée. La journée s’achève vers 19h avec le départ du navire. "

Dans la vie d’un navire, il y a aussi les opérations de maintenance, quel est votre rôle pendant les arrêts techniques ?

Devenir bosco 1

 

 

 

 

 

 

 

 


Stéphane
: " Nos navires font en effet régulièrement des arrêts techniques afin de procéder à des opérations
de maintenance, d’amélioration ou d’entretien qui ne peuvent être effectuées lors de l’exploitation commerciale.
Le récent arrêt du Piana dans le port de Marseille, avait par exemple pour objectif principal de permettre
aux ingénieurs et aux équipes du Chef mécanicien d'installer les fondations de la structure du filtre à particules 
sur le pont arrière du Piana. En accord avec le commandement, j’ai programmé de gros travaux d’entretien :
toutes les cloisons et sols extérieurs ont ainsi été nettoyés, décapés, traités puis repeints. Enfin, une tonnelle
de 50 m² a été refaite à neuf. "

Quelles sont les qualités requises pour être Maître d’équipage ?
Stéphane : " Il s’agit d’un métier très physique qui nécessite d’avoir à la fois le goût de la mer et de l’effort.
Les manœuvres, par exemple, sont effectuées quelles que soient la météo et les conditions de navigation !
Le Chef d’équipage est un manager d’hommes qui se doit de faire preuve d’organisation et de diplomatie.
En tant que responsable de la formation des jeunes mousses, il doit non seulement transmettre des savoirs
et des valeurs, mais également être un pédagogue attentif et rigoureux. "

Pourquoi avoir choisi La Méridionale pour votre carrière de marin ?
Stéphane : " La Méridionale porte de vraies valeurs éthiques et culturelles auxquelles j’adhère pleinement.
La compagnie, qui bat pavillon français, est dirigée par de vrais armateurs qui reconnaissent le travail
du personnel embarqué à tous les niveaux dans la hiérarchie.
J’apprécie également la diversité des postes et des trajectoires de carrière proposées. La Méridionale a su nourrir
ma soif de voyages et de découvertes : au cours de ma carrière, j’ai ainsi navigué en Mer du Nord, dans un chenal
en Allemagne, tout comme j’ai pu profiter d’arrêts techniques pour découvrir de nouveaux ports comme Istanbul
ou Naples !
Enfin, l’esprit marin qui anime les équipages rend les traversées sereines, et contribue au plaisir de travailler
tous ensemble. "

Pour le mot de la fin, pouvez-vous nous partager votre “carte postale de marin” préférée ?
Stéphane : " La pointe de Giraglia au nord-est du Cap Corse au petit matin : quand les couleurs sont sublimées
par le lever du soleil qui illumine toute cette côte à la verdure foisonnante. L’instant est encore plus magique
quand les dauphins se mêlent à la fête. Ce sont ces moments suspendus qui me rappellent sans cesse pourquoi
j’ai choisi ce métier. "

Merci Stéphane de nous avoir permis d'appréhender les différentes facettes de votre métier, et la passion qui vous lie
à celui-ci.


Rocket Fuel