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le 09 février 2021

1ere Femme commandant d’un navire pour la Corse

En 20 ans de carrière à La Méridionale, Emmanuelle Jarnot a su gravir tous les échelons jusqu’à devenir Commandant il y a 6 ans. Ce grade lui vaut le titre de première femme Commandant d’un navire mixte entre le continent et la Corse. À travers cet échange, Emmanuelle nous parle de sa vie de marin, de mère de famille et de femme, lorsqu’on est aux commandes d’un navire comprenant 550 passagers et près de 50 membres d’équipage.

ENTREVUE AVEC EMMANUELLE JARNOT

Devenir marin, c’est en général un rêve d’enfant qui devient une vocation. Comment avez-vous su que vous souhaitiez vous lancer dans cette carrière ?

Emmanuelle : " Issue d’une famille d’amoureux de la mer, c’est un environnement qui m’a toujours impressionnée et attirée. Dès mon plus jeune âge j’ai su que, comme mon père, je finirai par être marin. Petite, j’allais à bord avec lui et je passais mes journées entières à poser des questions, à observer et à apprendre, curieuse du fonctionnement de ces gros bateaux. Il faut dire que mon grand-père arpentait lui aussi les mers à la recherche du poisson le plus gros. J’ai grandi dans ce milieu là et je m’y suis toujours sentie à ma place. "

Quelles études avez-vous suivies ?

Emmanuelle : " Il faut croire que depuis toujours, mon destin était d’être marin : j’habitais en face de l’école de la marine marchande ! Après un bac scientifique, j’ai tout naturellement poussé les portes de l’école. La marine marchande, c’est une formation polyvalente d’une durée de 5 ans, elle est l’équivalent d’un diplôme d’ingénieur. Une fois l’école terminée, les officiers ont le choix de travailler au pont, ou à la machine selon leur préférence. Tout au long de la formation, on apprend à connaître les différents postes, les différentes missions grâce à des stages de 2 mois environ. Je suis d’ailleurs partie au Japon entre ma 1ère et 2ème année, c’était magique. Après cette formation, il est possible de naviguer à bord de différents types de navires : des pétroliers, des navires de croisières, des navires de charge ou encore des navires de fret et de passagers. On ne s’ennuie jamais. "

Quel a été votre parcours en sortant de l’école de la marine marchande ?

Emmanuelle : " J’ai travaillé pendant un an chez Les Abeilles Internationales, une société qui était à l’époque spécialisée dans le remorquage de bateaux en haute mer. On faisait de la surveillance et on allait porter assistance aux navires qui avaient une avarie ou qui souhaitaient aborder. Ensuite, je suis allée à l’IFREMER sur des navires océanographiques qui réalisent des recherches scientifiques dans l’océan. Le personnel à bord est composé de marins et de scientifiques. À l’aide de sous-marins, ils récoltent de nombreuses informations sur la vie subaquatique. Je m’occupais de la conduite du navire, parfois à la machine et parfois à la passerelle. J’ai vraiment adoré cette expérience. Je suis enfin entrée en 1999 à La Méridionale et j’y ai fêté mes 20 ans cette année. "

Quels sont les différents métiers exercés sur un navire de La Méridionale ?

Emmanuelle : " Un navire de La Méridionale est composé de 3 équipes : un service pont, un service hôtel sur les navires ayant des passagers, et un service machine. Pour chacun d’entre eux il y a un officier en chef, un assistant et le reste de l’équipage dont des élèves en stage. Mon rôle est de gérer ces trois services, donc l’ensemble de l’équipage à bord du navire. Nous embarquons généralement pour un mois et nous avons ensuite un mois de repos. "