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22/10/2019
Protegeons les grands cetaces de Mediterranee

avec l’association Souffleurs d’Écume


grand-cétacé-REPCET

 

 

 

 



Depuis 20 ans, l’association Souffleurs d’Écume est engagée dans le maintien des populations de cétacés
de Méditerranée : rorquals, cachalots, dauphins, baleines… Ces animaux qui suscitent l’admiration des petits
comme des plus grands sont soumis à de nombreuses menaces.
Afin de protéger ces mammifères, l’association Souffleurs d’Écume a lancé en 2010 le système REPCET, 
présent sur tous les navires de La Méridionale : une technologie pionnière en Europe permettant le repérage en mer des cétacés afin d’éviter au maximum les collisions avec les navires, première cause de mortalité chez ces espèces.
Mais les actions de l’association ne se limitent pas à ce projet !
Morgane Ratel, chargée de projets pour Souffleurs d’Écume nous explique plus en détail leurs différentes missions pour la préservation de la faune marine en Méditerranée.

Bonjour Morgane, nous nous retrouvons aujourd’hui pour parler de votre association Souffleurs d’Écume. Pouvez-vous nous raconter comment est né ce projet ?
Morgane : “ L’association a été fondée en 2000 par le biologiste Pascal Mayol qui réalisait alors une thèse
sur la problématique des collisions en Méditerranée pour les navires à grande vitesse. C’est à bord d’un de ces bateaux qu’il a rencontré le commandant Frédéric Capoulade, sensible à cette cause pour avoir été le témoin
de plusieurs collisions. C’est à la suite de cette rencontre que les premiers projets de l’association ont vu le jour.
Petit à petit, Souffleurs d’Écume s’est également intéressée à d’autres problématiques telles que le “whale-watching” (les excursions touristiques pour aller observer les cétacés). Toutes ces actions convergent vers la principale mission de l’association : concilier le développement des activités humaines comme la marine marchande ou les activités touristiques, avec la conservation et la protection des cétacés en Méditerranée. ”

Vous êtes actuellement chargée de projets au sein de l’équipe Souffleurs d’Écume, quelles sont vos missions au quotidien ?
Morgane : “ Je suis responsable de la gestion des relations avec les compagnies maritimes comme La Méridionale,
la sensibilisation du grand public, mais aussi des professionnels par le biais des formations aux officiers des navires équipés du système REPCET. Nous sommes également très présents dans les groupes de travail, les instances
qui s’occupent de l’accord ACCOBAMS (l’Accord sur la Conservation des Cétacés de la Mer Noire, de la Méditerranée et de la zone Atlantique adjacente) et du Sanctuaire Pelagos. Mon rôle est de monter des projets et de trouver
les financements pour les réaliser tout en coordonnant les différents partenaires, car nous travaillons rarement seuls ! ”

En 2010, afin de limiter le nombre de collisions, le système REPCET a été mis en place à votre initiative. Pouvez-vous nous en dire plus sur la genèse de ce projet ?
Morgane : “ Le système REPCET est l’aboutissement d’une dizaine d’années de travail. Notre association a été créée en 2000 à la suite d’un constat alarmant : les populations de grands cétacés en méditerranée sont fortement impactées par les collisions avec les navires commerciaux. Chez les rorquals par exemple, la deuxième plus grande baleine au monde, les collisions représentent la première cause de mortalité non naturelle en Méditerranée.
L’été est une période particulièrement sensible, car le trafic maritime est très important et les cétacés sont aussi
très présents près des côtes à cause de la prolifération de plancton. Pourtant, c’est une problématique qui est encore peu connue, beaucoup de collisions ne sont pas comptabilisées. Les cadavres de baleine qui sont ramenés sur la côte ne sont que la partie émergée de l’iceberg. L’idée était donc de créer un outil collaboratif permettant de signaler
en temps réel les observations de cétacés et les cas de collisions. Nous nous sommes alors alliés à une entreprise
de la région spécialiste de logiciels dans l’acoustique, et REPCET est né ! ”

Plus concrètement comment fonctionne le système REPCET ?
Morgane : “ C’est un logiciel qui est installé sur un ordinateur embarqué en passerelle. Il se présente
avec un fond de carte type Google Maps sur lequel figure la position en temps réel du navire. Il faut ensuite
que les officiers en passerelle réalisent les détections visuelles. S’ils observent un mammifère, il leur suffit d’inscrire dans le logiciel sa position par rapport au navire. REPCET est alors capable de calculer la position de l’animal
et d’anticiper ses futurs déplacements. Il envoie alors l’information à un serveur qui la communique à son tour
à tous les bateaux équipés, soient une quarantaine de navires à l’heure actuelle. Cela va permettre de définir
et de signaler une zone de risque et ainsi d’augmenter la vigilance pour éviter les collisions. À long terme,
cela nous permet également de créer une base de données pour recenser les cétacés. ”

En 1999, un accord a été signé entre la France, l’Italie et Monaco afin de créer le Sanctuaire Pelagos.
Pouvez-vous nous en dire plus au sujet de ce sanctuaire ?

Morgane : “Le Sanctuaire Pelagos est né d’un constat : le courant liguro-provençal amène à des moments précis
de l’année une quantité très importante de plancton dans cette zone maritime qui représente alors un grand garde-manger pour les cétacés. Ces derniers y sont très vulnérables à cause de l’important trafic maritime entre la France,
la Corse et l’Italie. Il a donc a été décidé d’y fonder un centre de connaissance, de conservation et de gestion
de l’activité maritime. Le Sanctuaire Pelagos s’étend de Hyères au nord de la Sardaigne, et de la Sardaigne à Civitavecchia en Italie en englobant toute la Corse. Il s’agit d’une des plus grandes aires marines protégées au monde, elle s’étend sur 87 500 km - et l’accord a été un tremplin pour mettre en place de nombreux projets pilotes
afin de protéger les cétacés.”

Vous travaillez aussi beaucoup pour prévenir les conduites à risques de certaines activités touristiques comme les promenades en bateau. Quels conseils donneriez-vous aux touristes afin de réaliser ces activités tout en respectant l’écosystème ?
Morgane : “ Dans le cadre du Sanctuaire Pelagos, nous avions réalisé une étude pour faire un état des lieux
des possibles conséquences d’une activité de whale-watching dans la zone et le constat fut assez alarmant.
À la suite de nombreuses discussions, nous avons décidé de mettre en place un label afin d’encadrer ces activités :
le High Quality Whale-Watching. Il s’agit d’une marque déposée de l’Accobams qui permet dorénavant à chacun d’identifier dans le pourtour méditerranéen des excursionnistes ayant un comportement exemplaire et une volonté d’amélioration. La France a été le premier pays à mettre en place ce label à travers notre association, mais l’Italie
et l’Espagne devraient bientôt suivre. Le dispositif est encore récent et nous effectuons un gros travail
de communication auprès des opérateurs et du grand public pour le faire connaître. Pour le grand public,
il existe un site Whale Whatching Label avec la liste de tous les opérateurs qui possèdent le label en France et l’idée est donc bien sûr de privilégier ces derniers. ”

Vous travaillez en partenariat avec La Méridionale depuis 2005, pouvez-vous nous en dire plus sur les modalités de cette collaboration ?
Morgane : “ La Méridionale s’est investie dès le début du projet REPCET en prenant part aux différents groupes
de travail qui ont permis de faire naître le système en 2010. Elle a également été l’une des compagnies pionnières
à s’être équipée, bien avant que le système devienne obligatoire pour certains navires, et a aussi beaucoup communiqué sur ce dispositif pour encourager d’autres compagnies maritimes à suivre le mouvement.
Nous continuons de travailler ensemble sur la sensibilisation, comme cela était le cas il y a peu à l’occasion
d’une réunion avec le Pôle Mer. La Méridionale c’est 300 animaux signalés et 26 grands cétacés en 2018, et plus de 848 signalements depuis l’adoption du système faisant de la compagnie le premier contributeur pavillon français en méditerranée. ”

Avec ce genre de dispositif, la formation aux personnels navigants est centrale, comment procédez-vous ?
Morgane : “Pour nous, c’est très important de pouvoir développer une formation qui ne soit pas seulement théorique. Utiliser un logiciel comme REPCET est quand même assez contraignant pour eux et c’est donc important de donner
du sens à cette démarche. Depuis 2017, nous faisons donc des formations en passerelle à quai pour rencontrer
les officiers et matelots*. Pendant deux heures, nous leur présentons le système REPCET, nous leur expliquons
son fonctionnement et l’interface du logiciel ainsi que le profil des 6 espèces les plus présentes pour qu’ils soient
à même de les repérer et de les signaler via le logiciel. Pendant ces formations, il y a un long temps d’échange
avec les marins qui nous permet de créer un lien avec eux et d’avoir leur retour terrain sur le système. ”

* 120 navigants de La Méridionale, (officiers + matelots) ont été formés à REPCET à ce jour dont 6 nouveaux officiers en 2019.

Depuis janvier 2017, tous les navires doivent être équipés d’un système de repérage des cétacés.
Est-ce que vous constatez une diminution des collisions depuis l’entrée en vigueur de la loi ?

Morgane : “ C’est très difficile à ce stade de pouvoir tirer une conclusion. Le nombre estimé de collisions par an
est largement sous-estimé, tant qu’on ne connaît pas les chiffres exacts, impossible de dire si celui-ci a diminué.
À l’heure actuelle, on situe le nombre de collisions par an entre 8 et 40, les chiffres ne sont donc pas assez précis pour en tirer une conclusion. En revanche, le nombre de signalements lui a clairement augmenté. C’est un point positif,
car cela veut dire que tous les bateaux équipés utilisent le système. En l’espace de trois ans, nous avons ainsi triplé
le nombre de signalements annuels. Cependant, les collisions surviennent encore régulièrement, le chemin est donc long avant que le problème soit vraiment éradiqué. ”

Pour le mot de la fin, pouvez-vous nous en dire plus concernant les prochains projets de l’association ?
Morgane : “ Parmi nos grands projets, il y a toujours le label High Quality Whale-Watching que nous animons annuellement afin de le faire connaître et sensibiliser le plus grand nombre. Nous travaillons aussi sur des pistes d’amélioration pour le système REPCET. Notre expertise se situe vraiment sur la problématique des collisions et
du whale-watching, nos futurs travaux seront donc en lien avec ces deux thématiques, car la route est encore longue avant d’éradiquer les risques pour les cétacés. ”

Merci Morgane de nous avoir sensibilisés à la problématique encore trop méconnue des collisions qui menacent les cétacés en Méditerranée ! Car pour protéger, il faut d’abord comprendre, afin de favoriser
une activité humaine responsable.


Note au lecteur : Pour vos excursions d’observation des mammifères marins, assurez-vous de faire appel
à un excursionniste labellisé High Quality Whale-Watching.

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