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01/04/2019
La Meridionale experimente un filtre a particules novateur

Une première mondiale dans le domaine du transport maritime !


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Véritable pionnière en matière de solutions écologiques visant à réduire son empreinte environnementale,
La Méridionale œuvre depuis des années sur de nombreux projets innovants dans le secteur maritime,
un engagement illustré par sa charte environnementale.
Parmi ses actions, la mise en place fin 2016 de la Connexion Électrique de ses Navires À Quai (CENAQ) à Marseille lui permet d’éliminer l’équivalent en émissions de particules (PM10) et de CO² de plus de 3 000 véhicules effectuant un aller-retour quotidien Aix-Marseille [source AirPaca]. La Méridionale a testé et démontré en septembre 2018 à Ajaccio que cette solution pouvait être déployée rapidement dans les ports corses.
Revalorisation des déchets, protection des mammifères marins (système REPCET) ou encore réduction de la consommation en énergies fossiles, La Méridionale donne le tempo en la matière et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
Dès mars 2019, des filtres à particules seront installés sur le navire “Piana”, une première mondiale dans le domaine du maritime.
Christophe Séguinot, Directeur Technique, supervise la mise en place de la solution depuis son lancement. Il nous fait entrer dans les coulisses de ce projet ambitieux, qui permettrait de réduire de manière considérable les émissions polluantes en mer.

Christophe, pouvez-vous nous relater votre parcours au sein de La Méridionale, et votre rôle en tant que Directeur Technique ?
Christophe : " Ancien Chef mécanicien, j’ai navigué de nombreuses années avant d’occuper un poste dans les services techniques à terre. En 2010, j’ai eu l’opportunité de superviser la construction du Piana pendant plus de deux ans et demi. Aujourd’hui, en tant que Directeur Technique de La Méridionale, je suis responsable de la maintenance de notre flotte, de la gestion des arrêts techniques périodiques, des projets techniques d’amélioration de notre flotte et également du suivi environnemental. "

Comment est née l’idée d’un filtre à particules pour vos navires ?
Christophe : " Plus qu’une simple volonté de la compagnie, il est dans l’ADN de chacun de ses employés de participer à la protection des milieux marins. Mon poste au sein de La Méridionale nécessite que je sois en alerte sur tous les sujets visant à améliorer la réduction de notre empreinte environnementale. Je vais ainsi régulièrement à la rencontre de partenaires susceptibles de nous présenter des solutions innovantes. C’est au cours d’un échange avec les sociétés Solvay et Andritz qu’est née l’idée d’adapter les filtres à particules présents dans les usines terrestres à nos navires. "

Pouvez-vous nous en dire plus sur le fonctionnement de ces filtres ? Quelle est la différence avec le système "scrubber" qui permet déjà d’absorber les particules et gaz toxiques ?
Christophe : " Nous avons abandonné le "scrubber" qui consiste à laver les gaz d’échappement avec de l’eau de mer, car ce système pose un gros problème en matière de rejets d’eaux polluées. Nous avons opté pour une désulfuration à sec des gaz d’échappement, en adaptant une technologie éprouvée et utilisée pour les usines. Il s’agit d’injecter du bicarbonate de sodium en poudre dans les gaz d’échappement qui résultent du fonctionnement des moteurs. Il se produit alors une réaction chimique qui neutralise presque totalement les oxydes de soufre (moins de 0.1% subsistent). En installant des filtres au niveau de nos cheminées, nous capterons également les particules fines et ultrafines. Si cette technologie a prouvé son efficacité sur terre, notre défi qui consiste à la “maritimiser” est considérable et constitue une première mondiale. "

Quelles sont les étapes pour l’installation de ce système ? À quelles difficultés êtes-vous confronté ?
Christophe : " Le Piana effectuera un arrêt technique en mars 2019. Nous installerons alors les filtres "test" sur l’un des quatre moteurs à propulsion, et sur l’un des trois groupes électrogènes que compte le navire. Il nous faudra également modifier les tuyaux d’échappement. Si l’essai est concluant, les filtres seront déployés sur l’ensemble du navire ainsi que sur le Kalliste. Ces équipements sont très lourds et encombrants, leur manipulation et leur installation seront complexes et nécessiteront beaucoup de dextérité. Comme il s’agit d’une grande première en matière de recherches et développement, nous n’avons pas de modèle ni de référence pour nous aider. C’est à la fois très motivant et énormément anxiogène ! "

En quoi cette installation vous permet-elle de répondre aux nouvelles exigences de la réglementation MARPOL 2020 ?
Christophe : " Au 1er janvier 2020, la réglementation MARPOL imposera un plafond de teneur en soufre en Méditerranée. Cela signifie que les émissions d’oxyde de soufre ne devront pas dépasser 0.5%. Il est très probable que la Méditerranée fasse l’objet d’une réglementation encore plus stricte dans les prochaines années. Nous avons anticipé cela avec nos filtres à particules qui délivrent moins de 0.1% d’oxyde de soufre. "

Ce système est une première mondiale dans le monde du transport maritime, quel est votre sentiment en tant que responsable de son déploiement ?
Christophe : " Ce n’est pas la première fois que La Méridionale innove pour l’environnement, et c’est toujours une immense fierté pour les équipes. Nous n’avons pas pour ambition de revendre nos technologies, mais nous voudrions que notre exemple serve de point d’appui à un esprit plus responsable dans le domaine maritime. La mer est non seulement notre environnement de travail, mais aussi un élément indispensable à notre survie en tant qu’être humain. Il est essentiel que l’ensemble des acteurs du monde maritime contribue à la sauvegarder. Je suis fier d’apporter ma pierre à cette prise de conscience. "

Vous dites vouloir montrer l’exemple, comment votre démarche est-elle accueillie auprès des professionnels du secteur ?
Christophe : " Chaque fois que nous innovons sur un sujet nous sommes sous les feux des projecteurs, le secteur réagit toujours avec un certain scepticisme, jusqu’à ce que nous fassions la démonstration que cela fonctionne. Nous avons pour volonté de partager nos connaissances et quand la preuve est faite, beaucoup de compagnies et de ports nous emboitent le pas. Nous sommes assez fiers d’être en avance sur de nombreux sujets, mais nous souhaiterions ne pas être les seuls. Nous voulons générer une impulsion positive. C’est un sujet qui motive l’ensemble de nos équipes et pas seulement le Directeur Technique. "

Comment voyez-vous l’évolution de la transition écologique du transport maritime à long terme ? Êtes-vous optimiste ?
Christophe : " Il est évident que le monde maritime doit continuer sa mutation. Ce n’est plus seulement une question de santé publique. Des technologies à base de GNL ou de fioul modifié existent déjà et sont utilisées par bon nombre de compagnies. Mais ces ressources sont limitées et la logistique à mettre en œuvre coûte extrêmement chère. Je pense que l’avenir réside dans les systèmes à hydrogène. Malheureusement, la technologie pour l’exploiter n’existe pas encore. La Méridionale fait partie de plusieurs groupes de recherches sur ce sujet, et je participe également à de nombreux séminaires. Les enjeux techniques sont immenses et cela va prendre quelques années avant que les matériels soient disponibles. "


Découvrez en photos la pose des fondations de la structure du filtre à particules sur le pont arrière >>> https://flic.kr/s/aHsmwDdPuh


*zone ECA : https://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_d%27émission_contrôlée

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